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Activités Physiques Adaptées et Addiction aux drogues

Addiction

Attention … Souvent les addictions sont mortelles!

Les addictions sont des pathologies d’ordre cérébral caractérisées par une dépendance à une substance ou à une activité avec des conséquences délétères.

Appliqué aux substances psychoactives, le National Institut of Drug Abuse (NIDA) en donne la définition suivante :

« l’addiction est une affection cérébrale chronique, récidivante caractérisée par la recherche et l’usage compulsif de substances psychoactives, malgré la connaissance de ses conséquences nocives ».

Deux classifications font référence pour diagnostiquer une addiction (voir tableau ci- dessous) :

  • La première a été établie par l’Americain Psychiatric Association à travers le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5). Cette classification est composée de onze critères de diagnostic,
  • Le second outil, composé de six critères à, quant à lui, été réalisé par l’Organisation Mondial de la santé. C’est la classification statistique internationale des maladies et des problèmes de santé connexes (CIM-10).

 

Addiction aux drogues et conséquences sur la santé

L’addiction à ces substances psychoactives n’est pas sans conséquences. En effet, plusieurs retentissements sont à noter. Depuis les années 1980, la mortalité liée à la consommation de ces produits a doublé. Elles sont la source de troubles cardiovasculaires (fréquence cardiaque anormale, infarctus, angor, etc…), de troubles respiratoires, de problèmes néphrologiques ou hépatiques.

Certaines zones cérébrales peuvent être atteintes. Cela peut aller de l’AVC, aux lésions cérébrales ou encore aux crises de convulsions. Tout ceci va induire des troubles décisionnels, attentionnels, émotionnels, comportementaux ou encore de la mémoire.

On retrouve également un développement de la paranoïa, de la dépression, de l’anxiété ainsi  qu’un stress accru.

L’addiction aux substances psychoactives entraîne également après leur consommation des douleurs abdominales, des nausées et des vomissements. D’un point de vue général sur le corps, elles provoquent une augmentation de la température corporelle, une hyperactivité, des changements comportementaux, des douleurs musculo-squelettiques, des insomnies. Il faut noter qu’elles sont à l’origine de certains cancers.

Des troubles hormonaux sont à relever. En effet, les stéroïdes perturbent la production hormonale normale. En conséquence, une stérilité peut apparaitre chez les hommes alors que chez les femmes c’est une masculinisation qui peut être notée.

Les substances psychoactives n’atteignent pas le système immunitaire. En revanche, l’engagement dans un comportement de consommation augmente les risques d’être atteint par une maladie infectieuse tels que l’hépatite, le VIH.

Toutes ces répercutions physiologiques vont avoir pour conséquence une diminution de l’estime de soi et des capacités physiques ainsi qu’un repli sur soi. Les personnes toxicomanes vont alors avoir tendance à se mettre à l’écart et à s’isoler. Il peut s’en suivre une perte de leur travail et de leur autonomie financière.

Lors d’une addiction aux drogues, les Activités Physiques (AP) et plus particulièrement les Activités Physiques Adaptées (APA) peuvent jouer un rôle sur le contrôle de la consommation. Des études expérimentales et cliniques ont permis de montrer que cette intervention non médicamenteuse (INM) induit de nombreux bénéfices sur la santé des personnes toxicomanes.

 

Qu’est-ce que les Activités Physiques Adaptées ?

Les Activités Physiques Adaptées sont toutes les activités physiques, sportives et artistiques pouvant être réalisées dans un but de réhabilitation, d’insertion sociale, de promotion et de prévention de la santé auprès de publics à besoins spécifiques (malade chroniques, personnes âgées, déficients intellectuels, toxicomanes, etc…). Elles permettent d’agir favorablement sur la santé dans sa dimension bio-psycho-sociale. En effet, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 1946 a défini la santé comme étant « un état de complet bien-être physique,  mental et social, et ne consistant pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ».

Les Enseignants en APA (EAPA) en utilisant les activités physiques, sportives et artistiques agissent sur les composantes biologiques, psychologiques, sociales et cognitives de la personne. Issus d’une formation universitaire, ils sont titulaires à minima d’une Licence STAPS mention APA et santé. Ces professionnels travaillent généralement en établissements sanitaires, sociaux ou médico-sociaux.

Cependant, certains EAPA exercent en tant que professionnels libéraux ou au sein d’associations. Chaque prise en charge en APA fait l’objet auparavant d’un diagnostic éducatif (attentes, besoins, capacités et limitations des  pratiquants). Ceci, afin de mettre en place des séances en adéquation avec le projet de vie des personnes dans un but d’amélioration de l’autonomie et de la qualité de vie.

Les bénéfices à la pratique des APA de manière régulière sont multiples. En effet, elles permettent de réduire le risque de développer une pathologie cardiovasculaire, le risque de chute, le niveau de stress, d’anxiété, de dépression, d’augmenter l’espérance de vie, la perception de soi, la qualité de vie, l’endurance, la souplesse, la force. Elles permettent aussi de nouer des contacts avec d’autres personnes qui sont la plupart du temps dans la même situation.

Activités Physiques Adaptées et addictions aux drogues

Dans le cas de l’addiction aux drogues, les APA peuvent permettre de diminuer la consommation de ces substances. Deux raisons principales sont avancées :

  • La première d’entre elle est que les APA, pratiquées de façon régulière, agissent sur les voies de récompenses. En d’autres termes, elles vont provoquer une sensation de bien-être similaire à celles obtenues après la consommation de drogues,
  • La seconde raison est d’ordre psychologique. En effet, la pratique d’APA va influer positivement la santé sur le plan psychologique. Elles vont permettre d’améliorer l’estime de soi, ainsi que de diminuer les effets négatifs de l’anxiété et de la dépression. Ceci s’explique par le fait que la pratique d’activité physique induit une sécrétion importante de neurotransmetteurs comme l’endorphine, la sérotonine ou encore la noradrénaline.

Chez les personnes toxicomanes, on retrouve souvent une difficulté à reprendre du plaisir, elles n’ont plus aucune envie. Elles n’ont également plus conscience de leur corps et de ses capacités. Les professionnels en APA vont alors mettre en place des activités qui vont permettre de répondre spécifiquement à ces problématiques en axant leurs séances sur la réappropriation progressive du corps et de ses capacités. En effet, les APA vont permettent d’aider ces personnes à redevenir actives, afin de les aider à se réapproprier leur corps.

De plus, comme dit précédemment, ces personnes ont tendance à s’isoler et à avoir peur du regard des autres. Les APA, lorsqu’elles sont pratiquées en groupe, vont permettre de  favoriser les échanges et l’intégration des différents participants. En effet, le travail en groupe permet de créer un cadre social dynamique qui va favoriser la communication. La pratique d’APA va servir d’espace de rencontre, de restructuration/reconstruction. Ceci, dans un but de réintégration sociale progressive.

L’objectif des professionnels en APA est que les patients s’épanouissent dans la pratique, qu’ils y prennent goût et qu’ils y trouvent un intérêt personnel. Les professionnels vont alors mettre en place une progressivité dans les séances tout en prenant en compte les capacités de chacun. Ceci, dans le but de développer l’autonomie, la qualité de vie et d’accompagner les personnes toxicomanes dans le sevrage à leur addiction.

Quelles activités physiques sont conseillées en cas d’addiction aux drogues ?

Aucune AP ne parait contre-indiquée dans un premier temps. Il faut se référer à l’avis du médecin traitant afin d’avoir une vision plus médicale et vérifier qu’il n’y ait pas de contre- indication particulière pour le patient à la pratique d’APA.

Ensuite, il convient de choisir une ou plusieurs activités stimulantes que la personne appréciera, ce qui rendra son engagement plus durable sur le long terme. En fonction des envies et des attentes de la personne il est conseillé de proposer les APA suivantes :

  • Des APA à dominante aérobie (marche, vélo, natation, etc…) : ces activités vont permettre d’induire notamment des bénéfices au niveau cardiovasculaire et respiratoire, afin d’améliorer la tolérance à l’effort,
  • Des APA de type résistance (renforcement musculaire, pilate, gym douce, etc…) : ces activités vont permettre d’améliorer principalement la souplesse, la force ou encore la puissance musculaire,
  • Des APA centrées sur soi (yoga, taïchi, relaxation) : ce type d’activités va permettre aux personnes toxicomanes de se recentrer sur soi afin de prendre conscience de leur corps tout en leur apportant de la détente et diminuant leur stress. Elles vont également améliorer les qualités de souplesse ou encore l’équilibre,
  • Des APA de confrontations/coopérations individuelles ou collectives (basket, tennis de table, badminton, etc…) : ces activités vont permettre de favoriser les relations sociales en axant la pratique sur la coopération, le respect de l’autre tout en faisant face à une problématique de confrontation,
  • Des APA axées sur l’équilibre (parcours de marche/équilibre),
  • Des APA dites de nature ou « à risque » (canoé, kayak, escalade) : avec les personnes toxicomanes, le but de ce type d’activités est de procurer une sensation similaire à la prise de drogues → recherche de « risques »

Toutes ces activités vont permettre d’agir sur les trois composantes de la santé (bio-psycho- sociale) dans un but d’amélioration de la qualité de vie.

Au final un large panel d’activités est envisageable. Nous conseillons donc aux personnes intéressées par l’engagement dans une pratique d’activité physique de prendre contact avec un Enseignant en APA. Il pourra alors les orienter et les guider vers une pratique adaptée par laquelle elles pourront s’épanouir et prendre du plaisir afin de les accompagner vers une diminution de leur addiction aux drogues.

Vers qui se tourner pour débuter la pratique d’activités physiques adaptées ?

Dans un premier temps, vers la Société Française des Professionnels en Activité Physique Adapté (SFP-APA), qui est une association qui regroupe les Enseignants en Activité Physique Adapté. Elle œuvre également pour le développement des activités physiques adaptées dans le secteur de la Santé et du handicap.

Sur les réseaux sociaux de nombreux Enseignants en Activité Physique Adapté se rassemblent pour évoquer le développement des APA. Ils vous accompagneront dans la découverte des APA. Sur Facebook :

  • P.A (Activité Physique Adaptée) France
  • Réseau A.P.A. (Activité Physique Adaptée) et Santé

Les sites internet des instances référentes du milieu de la drogue :

 

Enfin les auteurs de cet article, issus d’un Master 2 en STAPS dans le parcours Réhabilitation par les Activités Physiques Adaptées à l’Université de Montpellier, auront le plaisir de pouvoir vous orienter dans votre découverte des Activité Physique Adaptée :

 

Activites physiques adaptées et addiction aux drogues
Documents
Activites physiques adaptées et addiction aux drogues
Auteur(s) : Laplanche - Roche - Seven / Version : Version gratuite
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Licence : © Reproduction interdite / A usage personnel uniquement

 

 

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