Mieux connaître la Maladie de Scheuermann

La maladie de Scheuermann rachidienne
Les
maladies de croissance touchent
toutes les articulations, en fonction
d’une chronologie
bien précise
, commençant
par le pied et s’étendant
jusqu’à l’ensemble
du corps.

 

Définition

La maladie de Scheuermann
rachidienne
se caractérise
par une accentuation
de la cyphose dorsale

et une atteinte spécifique
de plusieurs vertèbres
consécutives. Son diagnostic
est morphologique, clinique
et radiologique.

Il existe quelques maladies
de Scheuermann lombaires,
avec accentuation de la lordose.
Le diagnostic est équivalent
à la maladie du rachis
dorsal.

Epidémiologie

La maladie de Scheuermann, qui
est en fait une véritable
pathologie de la croissance,
touche surtout les garçons
au moment de l’adolescence
,
15 ans peut être une moyenne
d’âge.

Dans la plupart des cas, il
s’agit d’une maladie
bénigne.

Toutefois, dans 5 à 10%
des cas, cette maladie de croissance
mérite une attention
toute particulière car
le rachis se déformant
peut laisser des séquelles
à vie.



Son origine, comme toutes les
maladies de croissance,
est inconnue, les grands longilignes
sont plus touchés que
les autres, la pratique du sport
est quelquefois évoquée,
les cartables lourds sont aussi
parmi les responsables, mais
en réalité les
causes ne sont pas encore connues.

Le diagnostic
clinique

Un garçon adolescent
de 14 ans, qui se plaint de
douleurs du dos à la
pratique d’activités
physiques sportives ou au repos.

Il présente souvent un
trouble de la statique rachidienne,
avec un dos rond
(cyphose), les épaules
légèrement balancées
en avant.

Le médecin demandera
une radiologie osseuse qui va
montrer une cunéiformisation
(déformation avec écrasement)
d’au moins trois vertèbres,
avec un aspect irrégulier
des plateaux vertébraux.

Une radiographie étendue
au rachis total de face et de
profil est conseillée
avec la réalisation d’un
test de Risser pour suivre l’évolution
de la maturation osseuse.

La prise
en charge

90% des cas sont bénins.
Une simple surveillance
suffit, avec des conseils de
pratique du sport en extension,
type volley-ball, basket-ball,
natation nage sur le dos, sauf
en périodes douloureuses.

La rééducation
avec un kinésithérapeute
permettra de corriger la cyphose
dorsale ou la lordose lombaire,
en renforçant la musculature
du dos et la réalisation
d’étirements
spécifiques.

Dans les cas les plus graves,
il sera mis en place un traitement
orthopédique avec la
réalisation d’un
corset pour réduire les
déformations cyphoses
ou lordoses et calmer les douleurs.

L’évolution
de la maladie

Un traitement varie selon l’importance
des lésions et l’âge
de l’adolescent mais le
plus souvent on peut s’abstenir
de toute prise de médicament.

On surveille attentivement par
des bilans radiologiques répétitifs
et bien entendu la disparition
des douleurs conditionne la
reprise ou non du sport.

Les sports à
contraintes rachidiennes seront
contre-indiqués pendant
quelques temps
(rugby,
judo, hockey/gazon, plongeon,
parachutisme, etc…).



Si
les douleurs ont complètement
disparu et que les signes radiologiques
sont stabilisés depuis
au moins trois mois, on autorisera
la reprise progressive du sport.

En général, cette
maladie de croissance guérit
chez un garçon entre
16 et 18 ans, en laissant des
séquelles visibles radiologiques,
mais sans aucune séquelle
douloureuse.

La fin de la maladie est surtout
liée à la fin
de la puberté, et à
la maturation complète
du rachis.

Conclusion

Le sport ou l’activité
physique est rarement
contre-indiqué
, même
dans le cas d’une maladie
de Scheuermann. Toutefois, on
surveillera et on limitera les
efforts, on préconisera
un sport non traumatisant, on
aménagera des périodes
de repos suffisamment longues,
on surveillera la literie, et
on complètera le tout
par une bonne hygiène
de vie, une alimentation
équilibrée

et une supplémentation
calcique en conseillant aussi
des eaux
riches en calcium
.



Le sport ne provoque pas une
maladie de Scheuermann, mais
il peut être l’élément
révélateur d’une
plainte douloureuse, les
pratiquants de cet âge
étant surtout recensés
dans le football, le handball,
le volley-ball, le rugby, mais
également au tennis et
tennis de table.



Le sport à l’école
est rarement contre-indiqué,
ou tout au plus le médecin
rédigera, selon les indications
habituelles du bulletin officiel
de l’Education Nationale,
une inaptitude partielle contre-indiquant
les sports de combat ou les
activités sportives traumatisantes.



Scheuermann et sport de haut
niveau ne sont pas toujours
compatibles. L’avis d’un
spécialiste sera requis
pour évaluer les véritables
facteurs de risque.

Lire aussi :

 

+

Les Véritables
contre-indications
à la
pratique du
sport

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Dr. Patrick Bacquaert A propos de l'auteur

Consultant en médecine du sport et sport santé ainsi que médecin chef de l’Institut de Recherche en Bien-être, Médecine et Sport Santé (IRBMS). Le docteur Patrick Bacquaert est l'une des grandes figures de la médecine du sport. Il s'est investi dans la promotion du sport santé dans la région Nord Pas-de-Calais. Il œuvre également dans la lutte contre le dopage et s'occupe activement d'un site Internet www.irbms.com dont il est le responsable.

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